Passeports de jungle. Les Garos et la frontière

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Abstract

Shefali et Jonaki, deux marchandes garos chrétiennes âgées, se rendaient tous les matins en Inde depuis le Bangladesh pour vendre un excédent de vêtements impropres à l’exportation. Le Bangladesh est le deuxième exportateur mondial de prêt-à-porter – sa principale source de revenu. Le surplus de vêtements manufacturés présentant des défauts mineurs circule dans les villages frontaliers reculés du Bangladesh. De là, Shefali et Jonaki les transportent physiquement de l’autre côté de la frontière, en direction de l’Inde. Leurs voyages à la frontière entre le Bangladesh et l’Inde font d’une zone frontalière rurale isolée une voie de circulation mondiale. Les vêtements qui constituent un excédent d’exportation rejeté au Bangladesh deviennent des articles de première nécessité bon marché pour les villageois indiens de la frontière.
L’Inde a fortifié sa frontière de 4096 kilomètres avec le Bangladesh. Elle patrouille spécialement dans cette zone pour contenir les mouvements des dissidents garos et des armes à feu. Le Bangladesh empêche les déplacements des hommes garos, qu’il soupçonne de faire passer en contrebande de l’alcool à bas coût en provenance de l’Inde, et de corrompre le tissu moral d’un État islamique. Chrétiens pour la plupart, les Garos n’appartiennent pas aux religions majoritaires de l’Inde et du Bangladesh, respectivement l’hindouisme et l’islam. Alors que l’Inde classe les Garos parmi les « tribus répertoriées » autochtones, le Bangladesh les considère comme une minorité ethnique…
Original languageEnglish
Title of host publicationL'Humain Qui Vient, Hermann
EditorsRaphael Zagury-Orly, Alain Fleischer
PublisherHermann
Pages43-55
Number of pages12
ISBN (Print)9791037040350
DOIs
Publication statusPublished - 2024

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